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Enjeux de la blockchain sur l’organisation de la fonction Finance

Updated: Nov 13, 2019

La blockchain apporte de nombreux bénéfices à la fonction Finance : une relation plus transparente avec les partenaires au travers d’un registre partagé et vérifié des transactions, une réduction des coûts (moins d’intermédiation, de saisie manuelle et de délai de recouvrement), un pilotage plus fiable et régulier de l’activité. Les cas d’usage les plus courants sont les processus OtC, PtP et RtR.[1]


La blockchain révolutionne les échanges avec les partenaires


Des grandes entreprises s’associent aujourd’hui en consortium pour développer la blockchain. Komgo associe ainsi 15 banques françaises et sociétés de négoce ou de certification pour créer une plate-forme afin de simplifier et d’accélérer le financement du commerce de matières premières.

La blockchain fonctionne en effet comme un registre de données distribué et accessible à tous au sein d’un réseau d’ordinateurs. Chaque ordinateur du réseau (ou noeud) détient alors une copie des données afin qu’il n’y ait aucun point de défaillance. Chaque information est encryptée et ajoutée dans un nouveau bloc pour chaîner l’historique des transactions et garantir la fiabilité des informations. La blockchain garantie ainsi une meilleure transparence et renforce la confiance entre les parties prenantes.



Les choix techniques d’une mise en place de Blockchain sont également personnalisables en fonction du type d’acteurs et du type d’interactions souhaitées. Un assureur n’aura ainsi pas le même besoin avec ses assurés qu’un acteur de la grande distribution avec ses fournisseurs. En fonction de l’engagement des acteurs dans la démarche, de la présence de données sensibles et du souhait de confidentialité, on pourra choisir un réseau public accessible à tous (exemple : Ethereum) ou un réseau privé sur mesure (exemple : Hyperledger Fabric). Dans un réseau privé, n’importe qui ne peut pas faire partie du réseau, les nouveaux membres doivent être acceptés par le consortium (ou selon des règles définies préalablement)


Un choix de la plateforme fonction de la nature des échanges souhaitée


Des contrats intelligents ou smart contract peuvent être programmés au sein d’un registre distribué. Ce sont des transactions spécifiques où l’on peut enregistrer du code qui s’exécute sous certaines conditions. Par exemple, un paiement est déclenché lorsqu’une facture conforme au devis est reçu.


Un levier d’optimisation opérationnelle


La blockchain permet aux directions financières une réduction des coûts de transactions, une saisie des données unique pour tous les acteurs, un recouvrement optimisé des factures dues.


En fournissant une base de données comptables vérifiées et validées par l’ensemble des acteurs, les recours à des tiers de confiance, cabinet d’audit pour certifier des comptes ou des banques d’investissement pour évaluer l’intérêt d’opérations de M&A, sont remis en cause. Les coûts d’agence sont transférés sur le développement des smart contracts en amont. Les tâches des cabinets d’audit sont transférées sur la résolution de cas complexes et non plus sur la documentation. Les coûts de transactions habituels (recherche et information, négociation et décision, surveillance et exécution) sont drastiquement réduits.

Auparavant chaque structure saisissait une à deux fois les données (comptabilité et métier), la mise en place de la Blockchain sur des process financiers, comme l’Order to Cash ou la Procure to Pay, limite la saisie des transactions à une fois pour l’ensemble des nœuds (membres du réseau). Les tâches économisées permettent donc d’affecter les ressources sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.


L’envoi de la facture, la réception du paiement et les relances des clients ainsi que les éventuelles pénalités peuvent par ailleurs être automatisées grâce à l’établissement d’un smart contract. Les règlements et recouvrements des factures sont accélérés et les délais de paiement des clients sont réduits. L’application de la Blockchain auprès d’un processus comme l’OtC permet ainsi de gagner sur le cash-flow et de réduire le DSO.






Une amélioration du pilotage


La qualité et la rapidité de disponibilité des données facilitent et optimisent le pilotage de l’activité par les directions financières. Sur un processus comme le Procure to Pay, la qualité et la rapidité du pilotage sont augmentées et constituent un avantage comparatif important. Une variation de l’activité ou des retards de paiement peuvent être rapidement et finement monitorés. L’ensemble des étapes de la gestion de commande au règlement du fournisseur sont tracées avec la Blockchain au sein d’une base de données partagée. Le nombre de doubles paiements, de réédition de factures et d’écarts de facturation sont considérablement réduits. De même, les rapprochements sont facilités entre bien reçus et factures ou ordres d’achat.


De même, les réconciliations des comptes, les clôtures et édition des rapports financiers sont plus rapides et fiables. La saisie des bases comptables et opérationnelles est réalisée de façon unique sur une seule base partagée et validée. Il n’y pas de multiplication de bases et des écarts à retraiter et les contrôleurs peuvent consacrer leur temps à l’analyse. Cette base partagée est disponible en continue et mise à jour. Les décideurs et actionnaires ont des rapports plus fiables et plus rapidement, les responsables opérationnels ont des données plus régulièrement.




Pour conclure

La fonction Finance est une fonction adaptée à la mise en place d’une Blockchain car elle recouvre les critères nécessaires : des bases de données transactionnelles multiples, des acteurs multiples aux intérêts divergents et au niveau de confiance limité (clients/structure, fournisseurs/structure, auditeurs/structure), un besoin d’écriture partagée et d’un contrôle sur la gouvernance.


Afin d’assurer une implémentation optimale d’un projet blockchain, les parties prenantes devront être impliquées collectivement dans le projet lors de la mise en place, penser aux standards de données et des protocoles, réconcilier les systèmes existants avec le nouveau protocole et accompagner les acteurs dans le changement. Une réflexion amont des enjeux et un accompagnement aval des acteurs seront clés pour une réussite du projet.




[1] Order to Cash (OtC), Procure to Pay (PtP), Record to Report (RtR)

[2] Une preuve de travail est un algorithme de consensus. Ce dernier permet de trouver un accord sur une version unique du réseau blockchain. Exemples d’algorithme : proof of work, proof of stake, proof of elapsed time.



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